Productivité en construction : Les enjeux d’une transformation numérique devenue vitale
McKinsey & Company a publié en août 2024 un article particulièrement éclairant intitulé Delivering on construction productivity is no longer optional. Il dresse un portrait rigoureux et chiffré du fossé de productivité en construction qui frappe l’industrie à l’échelle mondiale, et met en lumière pourquoi ce retard, longtemps toléré, est devenu un problème urgent face aux ambitions de la transition énergétique. Cet article en fait ressortir les points les plus importants, et ce qu’ils signifient concrètement pour les entreprises de construction d’ici.
En bref: La construction mondiale n’a progressé en productivité que de 0,4 % par an entre 2000 et 2022, soit cinq fois moins que le secteur manufacturier et quatre fois moins que l’ensemble de l’économie mondiale. Pourtant, le secteur est appelé à livrer la transition énergétique mondiale d’ici 2050. Combler cet écart n’est plus une option: c’est une condition de survie pour les entreprises et une nécessité pour l’environnement.
Voir aussi: Solutions ATOOM ERP pour la construction | À propos d’ATOOM ERP
La construction souffre-t-elle vraiment d’une crise de productivité?
Oui. Et le constat est documenté depuis des décennies.
Dans une étude publiée en août 2024, McKinsey & Company dresse un portrait sans équivoque: la productivité économique dans la construction (valeur ajoutée par heure travaillée) a progressé de seulement 0,4 % par an entre 2000 et 2022. À titre de comparaison, l’ensemble de l’économie mondiale a progressé à 2 % par an sur la même période, et le secteur manufacturier à 3 %. Entre 2020 et 2022, la productivité dans la construction mondiale a même reculé de 8 %.
Ce n’est pas un problème conjoncturel. C’est un problème structurel, chronique, documenté depuis au moins vingt ans.
Pourquoi ce retard persiste-t-il?
Plusieurs facteurs expliquent cette stagnation:
- Sous-investissement technologique: historiquement, les entreprises de construction consacrent moins de 1 % de leurs revenus aux technologies de l’information, soit environ trois fois moins que le secteur automobile ou l’aérospatiale.
- Fragmentation des opérations: la majorité des chantiers fonctionnent encore avec des échanges par courriel, des feuilles Excel et des processus manuels non intégrés. Une gestion de chantier efficace exige aujourd’hui bien plus que ça.
- Données cloisonnées: les informations de projet, d’achats, de comptabilité et de gestion du personnel restent souvent dans des systèmes séparés qui ne communiquent pas entre eux.
- Complexité inhérente: chaque projet est différent, chaque chantier a ses propres contraintes, ce qui rend difficile la standardisation à grande échelle.
Source: McKinsey & Company. « Delivering on construction productivity is no longer optional. » Août 2024. Lire l’article

Ce graphique montre l’indice de productivité 2000-2022 pour la construction (0,4 % TCAC), l’économie totale (2,0 % TCAC) et le manufacturier (3,0 % TCAC).
Quel rôle la construction doit-elle jouer pour la carboneutralité d’ici 2050?
Un rôle central. Et plus important que ce que beaucoup imaginent.
La construction n’est pas seulement un secteur économique parmi d’autres. C’est le secteur qui devra livrer concrètement la grande majorité des projets liés à la transition énergétique mondiale:
- Développement et déploiement de parcs éoliens, solaires et hydroélectriques
- Rénovation et isolation de millions de bâtiments résidentiels et commerciaux
- Construction des infrastructures de transport bas carbone (rail, métro, bornes de recharge, pistes cyclables)
- Livraison des logements abordables, hôpitaux et écoles que les populations en croissance nécessitent
McKinsey projette que les dépenses mondiales en construction passeront de 13 000 milliards de dollars américains en 2023 à 22 000 milliards en 2040. Pour y répondre, les entreprises de construction hors Chine devront doubler leur taux de croissance, passant d’environ 1,3 % à 2,7 % de croissance annuelle composée.
La tension est réelle: l’industrie doit livrer plus de projets, plus rapidement, avec une main-d’œuvre qui se raréfie, tout en réduisant son propre impact environnemental.
Résumé: L’industrie de la construction est à la fois responsable de livrer la transition énergétique et insuffisamment productive, dans sa forme actuelle, pour le faire à la cadence requise.
Données tirées de McKinsey Exhibit 1, page 2 du rapport: « Construction is already one of the largest industries, but its growth rate (excluding China) would need to double to meet 2040 demand. »
Pourquoi l’urgence s’est-elle amplifiée aujourd’hui?
La main-d’œuvre part à la retraite à un rythme sans précédent
Aux États-Unis, près de 41 % de la main-d’œuvre présente dans la construction avant 2020 devrait prendre sa retraite d’ici 2031. Au Royaume-Uni, le secteur pourrait perdre le quart de ses travailleurs dans les 15 prochaines années en raison des départs à la retraite. Au Québec, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée est l’un des enjeux les plus pressants de l’industrie. Ces départs massifs emportent avec eux des décennies de savoir-faire terrain qui ne peuvent pas être remplacés uniquement par des embauches.
La demande en infrastructure ne ralentit pas
Les objectifs climatiques génèrent un carnet de commandes sans précédent. En parallèle, la croissance démographique continue de créer des besoins en logements, en établissements de santé et en écoles que le secteur peine déjà à absorber à sa cadence actuelle.
La pression sur les marges est réelle
Avec la hausse des coûts des matériaux, de l’énergie et de la main-d’œuvre, chaque projet mal géré coûte plus cher qu’avant. Les erreurs de commandes, les dépassements de budget et les délais de facturation qui s’étirent ne sont plus des inconvénients tolérables: ils menacent directement la viabilité des entreprises.
Le chiffre à retenir: Selon McKinsey, si le secteur maintient sa trajectoire actuelle, l’écart cumulatif entre la demande et l’offre pourrait atteindre 40 000 milliards de dollars d’ici 2040 (hors Chine). À l’inverse, une amélioration de productivité de 1 % par an au-dessus de la tendance actuelle suffirait à combler cet écart.
Données tirées de McKinsey Exhibit 5, page 8 du rapport: « On the current trajectory, construction output might fall short of demand by $40 trillion by 2040. »
Quels sont les principaux freins structurels à la productivité en construction?
McKinsey identifie sept freins à la productivité dans ce secteur. En voici les plus directement adressables pour les entreprises de taille moyenne, et ce qu’un logiciel ERP spécialisé pour la construction comme ATOOM ERP peut changer concrètement:
Frein structurel |
Impact concret |
Ce qu’un ERP peut changer |
|---|---|---|
| Sous-investissement technologique | Processus manuels, erreurs répétées | Plateforme intégrée, accès mobile |
| Données fragmentées | Mauvaises décisions, retards | Centralisation en temps réel |
| Gestion de projets complexe | Dépassements de budget et de délais | Module gestion de projet avec alertes |
| Achats non optimisés | Surcoûts matériaux, ruptures | Bons de commande, réquisitions chantier |
| Gestion RH manuelle | Temps administratif élevé | Feuilles de temps, répartition des travailleurs |
| Comptabilité construction séparée | Réconciliation longue, erreurs | Comptabilité intégrée aux opérations |
| Inventaire non tracé | Pertes, ruptures, surachats | Gestion des stocks en temps réel |
La technologie peut-elle vraiment faire la différence pour la productivité en construction?
Oui, mais à une condition: la solution doit être conçue spécifiquement pour la construction dès le départ, et non adaptée à partir d’une plateforme générique.
C’est l’une des distinctions les plus importantes à faire lors du choix d’un outil de gestion de chantier. Une plateforme générique oblige l’entreprise de construction à s’adapter à un logiciel pensé pour d’autres réalités: commerce de détail, services professionnels, distribution. Un ERP spécialisé pour la construction intègre d’emblée les particularités du secteur.
Ce que ça veut dire concrètement dans ATOOM ERP:
- Retenues et dénonciations/quittances natives dans le module de comptabilité construction
- Rapports CCQ et gestion des certificats de compétences directement dans l’outil
- Gestion des extras et des directives de chantier dans un seul système
- 100 % mobile pour les équipes terrain, pas seulement pour le bureau
Les bénéfices d’une gestion de projet construction intégrée sont mesurables:
- Réduction des erreurs de saisie et des oublis lors des commandes
- Visibilité en temps réel sur les coûts par projet, à tout moment
- Centralisation des achats avec réquisitions chantier directes
- Automatisation des feuilles de temps et des rapports CNESST
- Réduction du délai entre la fin d’un chantier et la facturation finale
Par où commencer pour moderniser la gestion de son entreprise de construction?
Étape 1: Identifier vos frictions les plus coûteuses
Identifiez les deux ou trois processus qui consomment le plus de temps et génèrent le plus d’erreurs. Est-ce les soumissions manuelles? La réconciliation comptable en fin de mois? Le suivi des commandes fournisseurs dans Excel? En d’autres mots: commencez par éteindre les feux les plus coûteux, là où les erreurs et les délais font le plus mal au quotidien.
Étape 2: Structurer vos données pour qu’elles travaillent pour vous
La transformation numérique ne commence pas par l’automatisation, elle commence par la qualité et la structure de vos données. Des données cloisonnées dans des Excel, des courriels et des systèmes séparés ne peuvent ni être automatisées efficacement, ni servir de base à l’intelligence artificielle.
C’est ici que l’architecture d’ATOOM ERP fait la différence: la plateforme est conçue avec une structure de données pensée pour l’IA dès le départ. Vos opérations génèrent des données structurées et exploitables, ce qui facilite l’activation de l’intelligence artificielle sur votre exploitation.
Étape 3: Prioriser le mobile dès le départ
Vos équipes terrain ne travaillent pas derrière un bureau. Un logiciel accessible uniquement sur poste fixe ne sera jamais adopté sur le chantier. La mobilité n’est pas un bonus: c’est une condition d’adoption réelle.
Étape 4: Choisir un outil conçu pour votre secteur
Les spécificités de la construction au Québec (CCQ, CNESST, retenues, dénonciations) ne s’improvisent pas dans une plateforme générique. Elles doivent être natives dans la solution choisie. C’est ce que propose ATOOM ERP.
Étape 5: Mesurer dès le début
Définissez deux ou trois indicateurs clés avant le déploiement: délai de clôture mensuelle, temps de traitement d’un bon de commande, délai entre fin de chantier et émission de la facture. Ces mesures permettent de démontrer le retour sur investissement et de guider les ajustements.
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ATOOM ERP est un logiciel 100 % mobile, avec intelligence artificielle intégrée, conçu spécifiquement pour la verticale de la construction. Il centralise dans une seule plateforme la comptabilité construction, la gestion de projet, les achats, la gestion des inventaires, les ventes et estimations, la fabrication et l’installation.
ATOOM ERP accompagne les entrepreneurs généraux, les entrepreneurs spécialisés, les manufacturiers, les distributeurs et les promoteurs dans leur transformation numérique, grâce à une plateforme pensée pour les réalités de la construction.
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Conclusion: l’essentiel en un coup d’œil (TL;DR)
- La productivité en construction n’a progressé que de 0,4 %/an depuis 2000, contre 2 % pour l’économie mondiale et 3 % pour le manufacturier. Entre 2020 et 2022, elle a même reculé de 8 %.
- Le secteur doit doubler sa cadence de croissance hors Chine (de 1,3 % à 2,7 % TCAC) pour livrer les projets liés à la transition énergétique d’ici 2040.
- Les dépenses mondiales en construction passeront de 13 000 à 22 000 milliards de dollars d’ici 2040.
- Sur la trajectoire actuelle, l’écart entre offre et demande pourrait atteindre 40 000 milliards de dollars d’ici 2040 (hors Chine).
- Le sous-investissement en technologie (moins de 1 % des revenus en TI) est l’un des facteurs structurels du retard.
- Les ERP spécialisés pour la construction permettent de centraliser, automatiser et améliorer la visibilité sur les projets, à condition d’être conçus pour les réalités du secteur.
- La clé: choisir un outil mobile, natif pour la construction, dont l’architecture de données est pensée pour l’IA dès le départ.
Sources
- McKinsey & Company. Delivering on construction productivity is no longer optional. Août 2024. mckinsey.com
- McKinsey & Company. Reinventing construction through a productivity revolution. Février 2017.
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